L'histoire de la muséographie d'ethnologie en exposition

Publié le par expologie

Le Musée de la vie bourguignonne (Dijon) a pour ambition de traiter des modes de vie et de faire qui avaient cours dans cette région aux alentours de 1900. Si son objet d’étude n’a rien de bien particulier en cela qu’il répond parfaitement au modèle de nombre de musées d’ethnologie régionale, en revanche sa muséographie ne peut manquer de susciter l’intérêt. Le parcours débute par une longue salle où se succèdent de grandes vitrines présentant les différents moments et étapes de la vie. A l’intérieur, mannequins et objets sans cartels sont présentés, parfois sous forme de petites scènes. Un peu plus loin dans l’exposition, ce sont une chambre et une cuisine qui ont été reconstituées, « grandeur nature » et sans vitrine cette fois. 

 

Autre type d’espace et de muséographie au rez-de-chaussée du musée, une enfilade de salles présentent de manière très pédagogique les « industries domestiques ». Au moyen de schémas, de textes, de dessins et d’objets, le visiteur est invité à comprendre comment on faisait soi-même son beurre, comment on cuisinait et conservait les aliments, etc. A l’étage, ce sont encore deux autres muséographies que l’on peut distinguer. Celle qui frappe surtout, c’est la reconstitution de onze commerces dijonnais. Cette fois il ne s’agit pas de créer à partir d’objets collectés un peu partout un idéaltype. Non, ce que propose le Musée de la vie bourguignonne, c’est la reconstitution de la pharmacie de Jean-Baptiste Rapin autrefois sise au 60 rue Jeannin, le magasin de fourrure dont la dernière propriétaire fut Marguerite Bailly, ou encore l’épicerie de Léon puis de Georges-Henri Fagart (mort en 1978). Chaque échoppe est dotée d’un texte qui indique ce que fut la vie de ce magasin et de leurs propriétaires. Enfin, le tour de l’histoire de la muséographie d’ethnologie ne serait pas complet s’il n’y avait pas ces vitrines bien éclairées mais presque vides d’objets qui sont propres à la nouvelle muséologie. Plusieurs salles thématiques exposent ainsi des objets soigneusement classés et documentés. Le visiteur n’a plus devant lui une scénette essayant de recontextualiser les objets ou autres éléments vestimentaires rassemblés, mais une boucle d’éclusier du canal de Bourgogne, une plaque de baudrier de la garde, un bicorne de garçon de recette de la Banque de France (XIXe s.). On l’aura compris, chacun pourra trouver ce qu’il cherche au Musée de la vie bourguignonne, mais pas dans les mêmes espaces : redécouverte d’objets anciens, atmosphère nostalgique, présentations pédagogique et  exactitude scientifique.
 

Nicolas Blémus

Publié dans Thème : Objets

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article