Engagez-vous !

Publié le par Les rédacteurs en chef de Expologie

 

Depuis son éclosion et son ouverture à un public le plus large possible, le musée a scellé un pacte avec ses visiteurs qui se fonde sur un idéal intellectuel, philosophique et politique. Au moyen d'un discours sur un patrimoine matériel ou immatériel, cette institution a eu pour mission première de transmettre un savoir stable et avalisé par des professionnels. Mais l'histoire des musées a été traversée par de multiples révolutions, et si la confiance reste l’un des piliers de la relation aux publics, les expositions temporaires ont permis de repenser la question de la diffusion des connaissances en contournant les notions de permanence ou d'objectivité. 

Les expositions temporaires, par leurs formats et leurs contenus, seraient-elles un lieu plus propice à la prise de risque d'un homme ou d'une communauté scientifique sur des théories, sur des tendances artistiques, sur des partis pris scénographiques ? Elles constitueraient alors un espace de liberté qui autorisant l'instabilité des discours, un état de la connaissance à un moment donné, une vision singulière…

S’il est vrai qu’aucune exposition ne se présentera comme scientifiquement fausse, la prise de position et la partialité s’affichent désormais. Pour faire du neuf avec un artiste consacré par d’innombrables expositions, quoi de mieux que de promettre aux visiteurs de le redécouvrir au prisme d’un regard différent, nouveau, partisan, celui d’un jeune commissaire d’exposition, d’un historien d’art baroque, ou d’un autre artiste ? Et dans le registre des musées de société ou même de sciences, les sujets et les titres des expositions affirment eux-mêmes des choix, des orientations, des registres de valeurs. 

L’engagement serait donc cet entre-deux entre le vrai et le vraisemblable, entre la neutralité scientifique et la conviction partisane, un espace en somme difficile à investir pour un média qui reste largement prisonnier des habitudes professionnelles de ses concepteurs, des attentes de ses financeurs, et de l’image qu’en ont ses publics.

 

 

Nicolas Blémus et Amélie Gaucher,
Rédacteurs en chef

  15/03/10

                                                                       





Publié dans Editorial

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